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Carrefour / Casino
La Vie Financière N°3163 / Vendredi 20 Janvier 2006 / Catégorie : Dossier
Duels nationaux
 

La concurrence entre les deux enseignes n'a jamais été aussi forte. Mais l'aspect taille donne sans conteste l'avantage à Carrefour.

Dans la bataille qui fait rage au sein de la grande distribution, tous les groupes souffrent, mais certains plus que d'autres. Tous sont confrontés à une consommation française et plus globalement européenne morose, notamment dans l'alimentaire. A cela s'ajoute spécifiquement en France une déflation entamée avec la mise en place des accords Sarkozy de 2004 prévoyant une baisse des prix des produits de marques de 2 %. Conséquence : une érosion des marges à laquelle ni Carrefour ni Casino n'ont échappé. Mais l'ampleur de l'impact est variable. Dans cet environnement difficile, Carrefour profite de sa position de numéro un européen et de numéro deux mondial. Le groupe réalise 52 % de son activité hors de France, contre seulement 20 % pour Casino. Il bénéficie ainsi du dynamisme des marchés asiatiques et sud-américains. Cela s'est traduit l'an dernier par une augmentation de 6,1 % de ses ventes, à 83,7 milliards d'euros TTC, avec une progression de 11 % à l'étranger, contre une hausse de seulement 1,2 % sur son marché domestique. Et le groupe poursuit sa stratégie offensive d'implantation. Il a ainsi ouvert 819 nouveaux magasins hors de ses frontières en un an. De même, le résultat d'exploitation de Carrefour est généré à 60 % à l'international, contre moins de 10 % pour le groupe de Jean-Charles Naouri. Du coup, ce dernier subit plus fortement les difficultés propres à la France. Si les résultats pour 2005 ne sont pas encore connus, les chiffres des six premiers mois sont éloquents. Carrefour a réussi à limiter à 6,9 % la baisse de son résultat net, quand Casino a vu ses profits chuter de 11 %. Pour l'ensemble de l'année, les estimations des analystes financiers font état d'un léger recul pour le leader et d'une baisse de 5,5 % pour le challenger.

L'autre grand avantage lié à la taille réside dans une puissance d'achat plus grande, ce qui implique un pouvoir de négociation plus important face aux fournisseurs : un atout concurrentiel non négligeable, alors que la nouvelle loi Dutreil régissant les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs vise à établir encore plus de concurrence, en vue de faire baisser les prix à la consommation. Mais Carrefour mène déjà une politique agressive de prix, afin de regagner des parts de marché, un pari qu'il est en passe de réussir. L'an dernier, le groupe a pour la première fois depuis 2000 repris 0,6 point de part de marché. C'est modeste, mais les gains devraient s'accentuer cette année. Du coup, les analystes financiers estiment à 6 % la hausse du bénéfice par action et à 10 % pour 2007. Les attentes sont moins optimistes pour Casino, qui pâtit d'un fort endettement - le groupe a de nombreux engagements envers des partenaires dans certaines de ses filiales -, ce qui limite sa marge de manoeuvre en matière de développement. Des décisions drastiques comme la vente des hypermarchés pourraient être prises, mais elles restent encore de l'ordre de l'hypothèse


+ 6 %

C'est la hausse du BNPA

que prévoient pour Carrefour les analystes en 2006. Ils tablent même sur 10 % en 2007.

Notre avis

Le numéro un européen semble avoir repris le chemin de la croissance, quand Casino reste désavantagé par sa forte dépendance au marché français, le plus difficile. C'est pourquoi nous privilégions Carrefour. Même si le titre a gagné 15 % l'an dernier, quand Casino végétait, il demeure proche de ses plus bas depuis dix ans. Enfin, Carrefour est toujours susceptible de faire l'objet de poussées spéculatives liées au caractère éclaté de son capital, la participation du premier actionnaire, la famille Halley, ne dépassant pas 13,03 %.

Crédit agricole :

L'action Crédit agricole SA (CA SA) a regagné 32 % depuis le 1er juillet . Une revalorisation qui va gonfler l'actif net des caisses régionales. Le cours de Bourse de certaines d'entre elles ne reflète pas encore cette revalorisation. Elle apparaîtra pourtant lors de la publication des bilans 2005. Ainsi la Caisse régionale Alpes-Provence, en phase de croissance, possède environ 1 % de CA SA. Nous estimons l'actif net (réévalué) par certificat à plus de 185 euros, à comparer à un cours de 111 euros. Il faut toutefois corriger cette valeur d'actifs, afin de tenir compte de la faible rentabilité de la Caisse. On peut encore acheter pour viser 130 eurosM.-J. P.

A. C.
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%