Archives
| C'est la fin du Printemps |
| La Vie Financière N°3185 / Vendredi 23 Juin 2006 / Catégorie : Bourse |
PPR |
|
Les rumeurs se sont confirmées : PPR négocie bien la vente du Printemps, l'une de ses enseignes emblématiques acquise en 1992. Mais l'ambiance n'est pas à la nostalgie car le distributeur a su profiter du haut de cycle immobilier pour négocier un prix de cession de 1,075 milliard d'euros. Ce chiffre est bien supérieur aux estimations des spécialistes qui évoquaient 600 millions d'euros. Le prix équivaut à 1,3 fois le chiffre d'affaires de l'enseigne (752 millions d'euros en 2005) et à plus de 38 fois son résultat d'exploitation 2005 ! Des ratios particulièrement élevés pour la profession. PPR est donc en négociation exclusive avec un consortium comprenant des fonds d'investissement immobilier et le président de la chaîne italienne de grands magasins Rinascente (environ 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires). Le prix payé s'explique sans doute par la valeur du parc immobilier (dix-sept magasins) et les emplacements de l'enseigne qui, en ces temps de pénurie de mètres carrés disponibles en France, ont fait saliver plus d'un opérateur foncier ainsi que les Galeries Lafayette, qui, en lice, n'auraient donc finalement pas été retenues. Pour PPR, l'opération serait avantageuse par le prix obtenu, et également parce que le groupe se séparerait de son activité la moins rentable. La marge opérationnelle du Printemps, bien qu'en hausse l'an dernier, n'a pas dépassé 3,4 % : c'est à peine moins que la Fnac, mais Conforama et Redcats sont à plus de 5 % et, surtout, la marque de luxe Gucci est à près de 27 %. L'opération prouve que le groupe est disposé à faire ce qu'il faut pour accroître sa rentabilité, ce qui constitue sa priorité. Il est vrai que le Printemps ne génère que 4 % des ventes globales du distributeur. Enfin, la vente va réduire l'endettement de PPR. De quoi se doter des moyens de poursuivre son développement tant en interne que par acquisitions, même si la croissance externe ne semble pas d'actualité. PPR a en effet du travail dans l'optimisation de son portefeuille de marques : on pense notamment aux pertes récurrentes d'Yves Saint Laurent. Mais clairement, le groupe veut faire un pas de plus dans sa transformation en une entreprise de luxe, mutation qui lui permettra d'être mieux valorisé en Bourse. Cette stratégie menace le maintien dans le périmètre d'autres enseignes de distribution comme Conforama, le spécialiste de l'ameublement, dont le métier est loin des produits griffés de Gucci Conseil : Le titre, qui a subi la baisse des marchés, est revenu à un cours d'achat. Acheter vers 97 euros pour jouer la transformation progressive en un groupe de luxe |
A. C. |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour




