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| Bush président : la Bourse en redemande |
| La Vie Financière N°3100 / Vendredi 05 Novembre 2004 / Catégorie : Editorial |
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George W. Bush sera donc le quarante-quatrième président des Etats-Unis. La Bourse de New York a salué ce résultat par une belle hausse mercredi. Simple réaction de court terme, due à la perspective d'éviter l'imbroglio de 2000, quand il avait fallu trente-six longues journées d'incertitude pour désigner le vainqueur ? Ou regain d'optimisme durable dans la tendance des actions ? Une chose est sûre : si le second mandat de George W. Bush laisse espérer une remontée des cours, c'est bien parce que le président américain, pendant quatre ans, a donné à l'économie du pays, aux entreprises et aux marchés les gages de bonne volonté en son pouvoir. Pourquoi en irait-il autrement demain ? En quatre années, l'indice Dow Jones, le baromètre de la puissance économique américaine, n'aura perdu « que » 10 % environ. Un exploit quand on pense à l'ampleur des problèmes auxquels les Etats-Unis ont dû faire face pendant cette période. Malgré l'éclatement de la bulle Internet, les scandales comptables et financiers à répétition, les attentats du 11 septembre et la crise des affaires qui s'en est suivie, Wall Street a tenu le choc. La politique économique de George W. Bush et son influence décisive sur la politique monétaire de la Fed n'y sont pas pour rien. En choisissant de sacrifier les équilibres budgétaires et commerciaux au nom de la croissance, en procédant à une réduction spectaculaire des impôts, en injectant des capitaux sans aucune retenue pour doper la consommation, on peut même dire que les Etats-Unis, seuls, ont évité au monde une profonde récession. Sans cette action volontariste, le krach boursier, synonyme de destruction massive de richesse, aurait pu conduire à une crise sans équivalent depuis les années 30. Désormais, l'économie américaine est remise sur les rails et les entreprises ont assaini leurs bilans. Le second mandat de George W. Bush sera-t-il par conséquent celui de la reprise des indices boursiers ? Des incertitudes demeurent. On pense bien sûr au bourbier irakien. Or les marchés ont montré depuis deux ans qu'ils étaient sensibles au risque géopolitique quand celui-ci pouvait encourager la flambée du pétrole. D'autre part, sur le plan de la politique intérieure, Wall Street guette une réduction du chômage. Face à la concurrence asiatique, les entreprises américaines jouent leur va-tout sur les gains de productivité au détriment des créations d'emplois. En principe, cette stratégie est favorable au Dow Jones, mais à condition qu'elle ne pèse pas à moyen terme sur la consommation des ménages. Il est d'ailleurs probable que le futur gouvernement, conscient de cet enjeu, prendra son temps avant de s'attaquer au problème du déficit de la balance des paiements, que les Chinois sont toujours prompts à financer en contrepartie de l'ouverture du marché américain à leurs produits. Le pari des républicains est que la croissance, dopée aux baisses d'impôts qui se poursuivront dans les années à venir, réglera d'elle-même tous les problèmes. Et, si nécessaire, il restera l'arme du dollar ! Dans ce scénario où Bush serait toujours laxiste sur la question des déficits, Wall Street pourrait effectivement être bien orientée. A condition que la situation géopolitique ne se dégrade pas. Les marchés européens monteraient eux aussi pour peu que le dollar ne dérape pas trop. Cela fait beaucoup de « si », mais en attendant d'y voir plus clair dans quelques semaines, la Bourse devra faire avec ! |
NASSER OUZEGDOUH Directeur de la rédaction |
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