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| Bruno Cathelinais : « Bénéteau réalisera les objectifs annoncés » |
| La Vie Financière N°3017 / Vendredi 04 Avril 2003 / Catégorie : Actualité |
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Le titre Bénéteau a décroché en février lorsque vous avez annoncé des objectifs 2002-2003 très en deçà de vos performances passées. Avez-vous été trop prudents dans vos prévisions ? Nos objectifs 2002-2003 ne sont pas très en deçà. Nous avons, en effet, annoncé le maintien de la marge brute d'autofinancement, une augmentation de notre trésorerie, un résultat net supérieur à 9 % du chiffre d'affaires et une croissance moindre que par le passé, mais une croissance tout de même. L'activité a été correcte en février et début mars et seulement moins bonne depuis le début de la guerre en Irak. Nous n'avons donc pas été trop prudents et nous réaliserons les objectifs annoncés. Quant à la baisse du titre, je dois avouer que la sanction du marché m'a déçu. Nous avions décidé de jouer la carte de la transparence et de donner des objectifs chiffrés précis pour l'exercice 2002-2003. Peu de sociétés en publient actuellement. J'espère au moins que cet épisode renforcera notre crédibilité. Pouvez-vous déjà nous donner des prévisions pour 2003-2004 ? Nous avons communiqué une tendance positive pour l'exercice 2003-2004 (qui débute en septembre). Nous devons maintenant, comme chaque année, attendre les salons nautiques d'automne pour disposer d'indicateurs précis sur le comportement des clients. Nous sommes assez confiants car, aux Etats-Unis, les carnets de commandes sont en hausse depuis octobre 2002. Si cette tendance se confirme dans les prochains mois, cela signifiera que le rebond du secteur est amorcé. L'année 2003 serait alors marquée, outre-Atlantique, par une reprise d'activité comprise entre 0 et 5 % et l'année 2004 par une croissance de plus de 10 %. L'Europe ayant un an de retard, cela sous-entend que le rebond s'amorcera chez nous dès 2004. Quel type de mesures pourriez-vous prendre si l'activité marquait néanmoins le pas pendant encore plusieurs mois ? Nous ne croyons pas à cette hypothèse car la frilosité de nos clients est liée exclusivement au conflit irakien. Je suis persuadé qu'en septembre nous aurons retrouvé la tendance d'il y a un an. Néanmoins, si le pire arrivait, nous disposerions d'une flexibilité de 15 % en réduisant le recours à l'intérim et à la sous-traitance. Votre groupe est bien implanté aux Etats-Unis, où vous réalisez 15 % de votre chiffre d'affaires. Ressentez-vous des volontés de boycott de la part de la clientèle américaine ? Nous avons la chance de disposer d'une usine aux Etats-Unis depuis plus de quinze ans. Cela permet d'être considéré outre-Atlantique comme une société américaine. Vous êtes déçu par la chute de votre titre depuis février ; cela vous a néanmoins permis de racheter vos actions sur le marché à bon compte. Comptez-vous revendre ces titres ? Nous avons, effectivement, racheté des titres depuis février, comme le groupe l'a déjà pra-tiqué au cours des dernières années. Depuis quinze jours, le titre a nettement rebondi. Il a donc été décidé de laisser les acheteurs se positionner. Nous détenons à ce jour 7 % d'autocontrôle et nous n'avons pas l'intention de céder des titres sur le marché. Où en sont vos projets de croissance externe ? Nous continuons d'étudier plusieurs dossiers. Mais, aujourd'hui, la valorisation des sociétés non cotées baisse nettement moins que celle des groupes cotés, ce qui complique provisoirement notre expansion. DÉCRYPTAGE Comme chaque année, Bénéteau a présenté aux investisseurs, début février, ses prévisions pour l'exercice en cours (clos fin août). Plutôt habitué à des croissances à deux chiffres, le marché a donc été surpris à la vue des objectifs pour 2002-2003 : un chiffre d'affaires en hausse de seulement 2,3 % et un bénéfice net en repli de 5 %. Cet exercice, présenté comme une parenthèse, serait affecté par la décision de nombreux clients d'attendre la fin du conflit irakien pour passer commande. Sur six mois, le chiffre d'affaires du groupe atteint 253,5 millions d'euros à taux de change constants (+ 1,2 %), ce qui est en phase avec les objectifs annuels. Reste maintenant à savoir si l'exercice en cours n'est réellement qu'une parenthèse pour Bénéteau. En tout état de cause, même si la situation devait durer, le groupe devrait pouvoir tirer son épingle du jeu compte tenu de sa solidité financière (trésorerie nette de plus de 100 millions d'euros) et de sa position de leader sur le marché de la voile.N. R. Conseil : Nous avions profité du décrochage du titre en février pour conseiller l'action à l'achat. Compte tenu de la récente hausse du cours (+ 30 % en deux semaines), on se contentera de conserver sa position |
Propos recueillis par NATHALIE RAMBAUD |
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