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| Bénéteau / Fountaine Pajot |
| La Vie Financière N°3281 / Vendredi 25 Avril 2008 / Catégorie : Bourse |
Le match |
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Les Français sont décidément bien représentés dans le monde de la plaisance. Notre pays reste le premier fabricant mondial de bateaux à voile. Et ce marché se porte bien, puisque les ventes de voiliers ont dépassé les 2 milliards d'euros dans le monde l'an dernier, soit deux fois plus qu'en 1997. Belle progression également des ventes de bateaux à moteur qui se sont élevées à plus de 11 milliards d'euros l'an passé avec une progression d'environ 4,5 % par an depuis 1997. La plaisance est donc un secteur de croissance, dopé de plus par l'élargissement de la clientèle et l'arrivée de zones porteuses (Inde, Chine). Mais, attention, il existe de grandes disparités entre les pays. La plaisance vit au rythme de cycles divergents. En 2004-2005, elle a été tirée par les Etats-Unis et, depuis l'an dernier, par l'Europe avec, toutefois, un bémol. Depuis début 2008, l'activité est particulièrement morose en France, où la saturation des ports constitue depuis plusieurs années déjà un frein au développement. Les exportateurs français s'en sortent donc mieux que les groupes très présents sur le marché hexagonal. Premiers grands gagnants : Bénéteau, leader de la voile, avec un quart du marché mondial, et Fountaine Pajot, leader sur le segment des catamarans. Ils réalisent respectivement 76 et 81 % de leur chiffre d'affaires à l'étranger, alors que les ventes à l'export de l'ensemble des chantiers navals français ne dépassent pas 60 %. Les deux groupes, faiblement exposés au dollar, affichent de solides perspectives. Une même stratégie L'exercice 2007-2008, qui s'achèvera fin août, est attendu comme un beau millésime. Bénéteau compte sur une hausse de 7,4 % de son chiffre d'affaires plaisance, à 857 millions d'euros. Une perspective qui semble tout à fait à sa portée puisque, en six mois, ses ventes ont déjà progressé de 12,6 % à périmètre comparable. En outre, son carnet de commandes à fin mars représentait déjà plus de 90 % des ventes budgétées pour l'exercice. Chez Fountaine Pajot, les carnets sont également bien remplis. A fin février, ils sécurisaient 70 % du chiffre d'affaires de l'exercice en cours, que la direction attend en progression de 20 %, à 50 millions d'euros. Des performances que les deux chantiers doivent à une même stratégie : fort renouvellement des lignes de produits, montée en gamme régulière des bateaux fabriqués et extension de l'offre vers le haut de gamme. Chez Bénéteau, cela se traduit cette année par la sortie de vingt nouveautés et chez Fountaine Pajot par le renouvellement de la ligne coeur de gamme (catamarans de moins de 500 000 euros) et la diversification dans le haut de gamme avec la première commande de leur nouveau voilier amiral : le Galathea 65. La croissance de l'exercice 2007-2008 semble donc assurée pour les deux sociétés qui ne peuvent se départager sur ce terrain. Certes, le chiffre d'affaires de Fountaine Pajot devrait s'apprécier plus rapidement que celui de Bénéteau, mais cela tient essentiellement au coup d'accélérateur donné par le fabricant de catamarans depuis que son introduction en Bourse en juillet 2007 lui a permis de financer sa croissance. Des marges différentes Sur le terrain de la rentabilité, Bénéteau dispose, en revanche, d'une longueur d'avance. Le constructeur vise pour l'exercice à fin août 2008 un résultat opérationnel de 150,6 millions d'euros (+ 1,3 %). Cela lui permettrait d'afficher une marge opérationnelle de 13,7, en progression de 0,5 point. Et à l'horizon 2010, la direction espère atteindre le seuil de 15 % en tirant profit des investissements engagés pour améliorer la productivité et gommer la hausse du prix des matières premières. Performances bien supérieures à celles auxquelles peut prétendre Fountaine Pajot compte tenu des investissements et des efforts d'amélioration de la productivité qu'il doit encore réaliser. D'ailleurs, les analystes n'anticipent qu'une marge opérationnelle de 8,5 % pour l'exercice en cours. Mais la direction compte bien rattraper son retard. Ainsi, elle vient d'annoncer l'ouverture d'une unité de production destinée à accueillir la construction d'un nouveau bateau à moteur. Un site de 2 000 mètres carrés qui fera bondir les marges du groupe : alors que, il y a trois ans, un salarié de Fountaine Pajot générait 70 000 euros de chiffre d'affaires annuel, il devrait rapporter 150 000 euros dans deux ans. En attendant, cet investissement de 2,5 millions d'euros, qui s'ajoute aux 7 à 8 millions prévus entre 2007 et 2009, limitera la progression de la rentabilité. Du coup, les analystes ne s'attendent qu'à une marge opérationnelle de 10 %, à l'horizon 2010. Soit 5 points de moins que pour Bénéteau. Avantage encore au groupe vendéen pour son bilan. Il affiche une trésorerie généreuse qui s'étoffera encore avec la vente annoncée de sa division voitures sans permis, Microcar. Et Bénéteau n'est pas en manque de projets : on attend une acquisition majeure dans la plaisance et, pourquoi pas, des développements dans de nouvelles activités Le vainqueur Notre préférence va à Bénéteau, plus rentable et plus riche, qui mériterait de ce fait une prime en Bourse. Mais Fountaine Pajot peut être conservé pour le moyen terme. |
Nathalie Rambaud |
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