Archives

Aventis s'assure contre le Plavix
La Vie Financière N°3070 / Vendredi 09 Avril 2004 / Catégorie : Actualité

Aventis aurait-il trouvé la parade pour contrer l'offre hostile de Sanofi ? Le groupe dirigé par Igor Landau a en tout cas créé la surprise en annonçant un projet de distribution gratuite de bons de souscription d'actions (BSA) pour protéger ses actionnaires contre le risque pesant sur le Plavix (voir encadré). Ce médicament vedette de Sanofi, prescrit dans le traitement des thromboses, pourrait être concurrencé par des génériques aux Etats-Unis si son brevet américain était dénoncé. Or c'est l'un des arguments avancés par Aventis pour rejeter l'OPA de Sanofi. Si des génériques venaient à concurrencer le Plavix outre-Atlantique, cela se traduirait par une baisse du bénéfice net par action de Sanofi de 22 à 25 % selon les analystes. Ce qui aurait comme conséquence une chute de 25 % de l'action, d'après la moyenne des évaluations compilées par Aventis. L'objectif des BSA serait donc de compenser cette perte potentielle. Sanofi s'interroge sur la validité de cet instrument financier par rapport à la réglementation boursière... Nul doute que l'Autorité des marchés financiers examinera de près cette émission. Aventis affiche sa confiance et considère que l'obtention de l'accord de ses actionnaires, lors de l'assemblée du 19 mai, suffira pour valider l'opération. Le groupe franco-allemand désigne par ailleurs cette émission comme un outil de protection financière et non comme un instrument de spéculation anti-Sanofi.

Ces bons deviendraient d'ailleurs obsolètes en cas de rapprochement amical entre les deux groupes. Pour cela, il suffirait, a priori, que Sanofi relève le prix de son offre. Aventis fait ainsi d'une pierre deux coups, car c'est là son deuxième argument pour rejeter l'OPA. L'offre sous-évalue en effet le groupe pharmaceutique franco-allemand, selon sa direction. Un geste de Sanofi tant du point de vue du prix que de la composante en cash de son offre initiale serait le bienvenu. Mais ce n'est toujours pas à l'ordre du jour.

Jean-François Dehecq, président de Sanofi, bénéficie en tout cas de l'appui du gouvernement. Philippe Douste-Blazy, nouveau ministre de la Santé, a apporté son soutien au projet de constitution d'un puissant groupe pharmaceutique français. Une position relayée par Jean-Pierre Raffarin lors de son discours de politique générale. Or la neutralité des autorités françaises est l'une des deux conditions que Novartis avait posée à son projet de rapprochement avec Aventis. L'autre réserve a été levée, puisque le conseil de surveillance d'Aventis a autorisé Igor Landau à entamer des discussions avec le groupe suisse. Aventis a réitéré l'intérêt « de la création d'un groupe européen plus compétitif présentant de meilleures garanties pour la pharmacie européenne ». Une position qu'il souhaite défendre auprès de Nicolas Sarkozy, le nouveau ministre de l'Economie et des Finances. Espérant ainsi infléchir la position du gouvernement et lever les dernières réticences de Novartis à s'engager officiellement dans la bataille. Du côté de Sanofi, on insiste en revanche sur le fait que le projet franco-suisse s'apparente à un démantèlement.

De leur côté, si les investisseurs s'interrogent sur la probabilité d'une contre-offre de Novartis, ils misent au moins sur une surenchère. L'action Aventis s'échange en effet toujours 9 % au-dessus du prix offert par son concurrent français.


Un put sur l'antithrombotique

« Pilule empoisonnée » ou police d'assurance, les bons de souscription d'actions qu'Aventis envisage d'attribuer gratuitement à ses actionnaires, à raison d'un BSA par action, visent à les immuniser contre le risque lié au Plavix. Une émission d'un nouveau genre qui permettrait aux actionnaires du groupe franco-allemand de souscrire avec chaque bon à 0,28 action Aventis nouvelle au prix du nominal, soit 3,82 euros, si et seulement si une version générique du médicament vedette de Sanofi était lancée aux Etats-Unis avant fin 2007. En effet, la perte du brevet sur le Plavix outre-Atlantique pourrait avoir un impact sur le bénéfice net par action de Sanofi, donc sur son cours de Bourse. Aventis estime que cette baisse pourrait être de 25 %, d'après certains analystes. Soit l'équivalent de 12,20 euros par titre pour les actionnaires d'Aventis, selon les conditions actuelles d'échange en actions Sanofi. Cette moins-value serait alors compensée par les BSA. Si les bons étaient exercés en totalité, les actions créées représenteraient alors 22 % du nouveau capital d'Aventis. Avec pour conséquence directe pour ses actionnaires de détenir non plus 49 mais 57 % du capital du nouvel ensemble issu du rapprochement des deux groupes français. Les actionnaires de Sanofi seraient alors dilués. Ce qui n'est pas forcément dans l'intérêt des deux principaux : L'Oréal et Total. Mais cette menace ne vaudrait plus si le conseil de surveillance d'Aventis finissait par accepter l'offre de Sanofi. Car, à cette condition, les bons émis ne pourraient pas alors être exercés. En somme, le risque Plavix serait couvert en cas d'OPA hostile mais ne le serait plus en cas d'OPA agréée ! Reste à savoir à quelle hauteur ce risque, tel que décrit par Aventis, sera couvert par un relèvement de l'offre de Sanofi. X. D.


Conseil : Conserver Aventis et Sanofi-Synthélabo. Nous restons positifs sur Novartis avec un objectif de cours de 62 francs suisses
XAVIER DIAZ
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

GEMALTO GEMALTO : 26.90€  (+11.94%) 27.75€
+11.94%
ERAMET ERAMET : 347.94€  (+7.25%) 365.2€
+7.25%
SCHLUMBERGER SCHLUMBERGER : 64.02€  (+5.04%) 66.67€
+5.04%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 7.28€  (+4.51%) 7.65€
+4.51%
TECHNIP TECHNIP : 52.52€  (+3.69%) 54.85€
+3.69%
ZODIAC 32.2€
-6.12%
NYSE EURONEXT 25.71€
-5.13%
SOITEC 4.29€
-4.24%
AIR FRANCE-KLM 15.61€
-3.76%
SANOFI-AVENTIS 46.75€
-3.61%

L'hebdo conseil de votre argent
Abonnez-vous !