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| Augmentation de capital et recapitalisation |
| La Vie Financière N°3214 / Vendredi 12 Janvier 2007 / Catégorie : Stratégie |
Il y a un monde entre l'opération de renforcement des fonds propres du
Crédit agricole, en cours sur le marché, et la laborieuse recapitalisation que
tente au même moment Infogrames au prix d'une inévitable et massive dilution. |
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Un véritable tir groupé : en moins d'un an, les quatre grandes banques figurant dans l'indice CAC 40 (BNP Paribas, Crédit agricole, Dexia et Société générale) auront profité du bon climat boursier pour augmenter leur capital avec succès en récoltant au total un peu plus de 13 milliards d'euros d'argent frais. L'assureur Axa n'a pas été en reste en levant, à lui seul, plus de 4 milliards d'euros. Si l'on y ajoute les opérations lancées par CNP Assurances et Scor, le secteur financier pris dans son ensemble aura donc ratissé très large. Grâce à leur excellente santé, rassurante pour les actionnaires, les sociétés émettrices n'ont aucun mal à trouver les sommes nécessaires au financement de leur développement, les émissions d'actions nouvelles étant largement sursouscrites. La délicate question de confiance Lorsque l'environnement est porteur et que les liquidités abondent, les entreprises cotées dont les cours de Bourse sont solidement orientés à la hausse ont tout intérêt à faire appel au marché pour financer, au moins partiellement, leur politique de croissance externe. Il leur faut cependant convaincre les souscripteurs que les fonds apportés seront utilisés à bon escient et que les risques de dilution, particulièrement désagréables pour les actionnaires, sont faibles ou limités dans le temps. Délicate question de confiance au moment du lancement d'une augmentation de capital, car il est bien difficile, même pour un analyste, de démontrer que les résultats d'une acquisition importante seront à la hauteur des espérances, avec, notamment, un effet relutif sur le bénéfice net par action malgré l'augmentation du nombre de titres. En dépit des grands discours convenus sur la création de valeur, rien n'est évidemment acquis d'avance, et les belles promesses faites lors des appels de fonds peuvent même parfois se transformer en cauchemar. Les actionnaires passés ou présents d'Euro Disney et d'Eurotunnel sont bien placés pour le savoir. Ceux de l'opérateur du tunnel sous la Manche n'ont pas fini de souffrir. Ils doivent s'attendre à une nouvelle dilution massive, maladie qui a déjà fait des ravages chez Euro Disney. Jugeons-en : fin décembre 1999, le titre du parc de loisirs valait encore 0,90 euro, avec un peu plus de 1 milliard d'actions en circulation. Depuis, le nombre de titres a été multiplié par près de quatre et le cours n'est plus que de 0,08 euro ! L'actualité fournit toutefois l'occasion de rappeler qu'une augmentation de capital destinée à renforcer les fonds propres d'une entreprise à la suite, notamment, d'une acquisition n'a strictement rien à voir avec une recapitalisation, autrement dit une opération de renflouement, voire de survie. En l'occurrence, il y a un monde entre la levée de fonds que le Crédit agricole est en train de réaliser sur le marché et celle que tente au même moment Infogrames Entertainment. Bien que d'un montant global de 4 milliards d'euros, prime d'émission comprise, l'opération de la Banque verte ne fera augmenter que de 10 % le nombre d'actions émises et devrait faire le plein de souscripteurs. Presque de la routine ! En revanche, l'éditeur de logiciels de jeux vidéo brûle, lui, ses dernières cartouches en émettant actuellement près de 500 millions d'actions nouvelles au prix unitaire de 0,15 euro, auxquelles viendront s'ajouter 265 millions de titres supplémentaires si tous les bons de souscription émis à cette occasion sont exercés. Autant dire que la dilution va être considérable, puisque le capital actuel est composé de moins de 190 millions d'actions. Et même après avoir réussi à reconstituer ses fonds propres, Infogrames ne sera vraiment tiré d'affaire qu'en prouvant sa capacité à redevenir rapidement bénéficiaire. Un sacré pari spéculatif pour les souscripteurs. En attendant, la capitalisation boursière de la société, calculée sur un nombre d'actions porté à plus de 900 millions, représentera moins du dixième du montant qu'elle avait atteint en 2000, en pleine folie technologique. Cette année-là, le titre avait en effet grimpé jusqu'à 58 euros alors que le capital de la société n'était composé que de 75 millions d'actions. Pour essayer de faire oublier les effets dévastateurs d'une telle dilution, Infogrames a déjà prévu un regroupement de ses actions. En suivant l'exemple, plutôt réussi, d'Alstom et de Scor |
éric Dadier |
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