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| Alan Greenspan paralyse les marchés |
| La Vie Financière N°3079 / Vendredi 11 Juin 2004 / Catégorie : Tendance |
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Vouloir décrypter la tendance à court terme des marchés suppose des talents d'équilibriste. Dans notre précédente édition, nous n'excluions pas un petit coup de spleen des actions avant un nouvel assaut des derniers plus hauts. Un scénario actif qui, de toute évidence, ne s'est toujours pas concrétisé. Celui des bullish (opérateurs fortement haussiers) n'a pas davantage eu d'écho, le CAC 40 se contentant de revenir cette semaine vers 3 700 points (+ 1,5 % en cinq séances) et le Nasdaq à 2 000 points (+ 1,2 %). Ce qui prouve à quel point le marché parisien cherche de nouveaux repères, à l'instar des autres places financières. Coincé entre 3 500 et 3 800 points depuis le début de l'année, il ne parvient toujours pas à s'affranchir de cette étape de consolidation horizontale. L'inflation en ligne de mire Il faut dire qu'à l'occasion de sa dernière allocution, Alan Greenspan, patron de la Réserve fédérale, a modifié le paramètre central de sa politique monétaire : il ne s'agit plus de surveiller l'emploi, reparti de plus belle aux Etats-Unis, mais l'évolution des prix : « La Fed est prête à faire tout le nécessaire pour atteindre son objectif de stabilité des prix destiné à assurer la croissance économique maximale. » En clair, un maintien des prix du pétrole à un niveau élevé pourrait devenir préoccupant, et donc inciter le grand manitou de la planète Bourse à durcir le ton. Du coup, à la remontée de 25 points de base des taux directeurs de la Fed, maintenant communément admise par les professionnels pour sa prochaine réunion, du 30 juin, s'adjoint l'hypothèse d'une nouvelle salve, cette fois-ci de 50 points, avant l'élection présidentielle de novembre. Il n'y a là, rappelons-le, rien de durablement inquiétant pour les actions, du moins si l'on exclut le scénario, aujourd'hui peu envisageable, d'un choc pétrolier profond. Cela étant, la perspective d'un tour de vis de la Fed, désormais inévitable à court terme, a naturellement ragaillardi le dollar face à l'euro. Les places européennes n'en ont pourtant que peu profité puisque le pétrole reste l'inquiétude majeure du moment. Pourtant, pas une séance ne s'est déroulée sans apporter son lot de nouvelles rassurantes. Déjà, en restant au-dessous de 3 milliards d'euros par jour en moyenne sur les valeurs du CAC 40, les volumes de transactions traduisent l'absence de pression à la vente et trahissent l'attentisme des acheteurs. Néanmoins, les investisseurs ne manquent pas une occasion de sortir du bois, comme en témoigne la seule séance de hausse animée de la semaine (vendredi 4 juin, avec 4,2 milliards d'euros échangés). D'autre part, les opérations financières montent doucement en puissance. Google, grand concurrent de Yahoo!, prépare son introduction sur le Nasdaq. A Paris, la privatisation de la Snecma est lancée (lire page 18), quand la future cotation en Bourse des Pages jaunes de France Télécom est dans les tuyaux (page 32). Les industriels fourbissent leurs armes Côté OPA, l'aveu de Microsoft de son projet de mariage, non consommé, avec l'éditeur de logiciels allemand SAP ainsi que les rumeurs d'une possible offre à venir de Nestlé sur General Mills font aussi frétiller les opérateurs de marché. Surtout, cela tend à démontrer que les industriels fourbissent leurs armes, sachant que la croissance est de nouveau au rendez-vous mais que la compétitivité mondiale pourrait les priver d'une nouvelle étape de forte amélioration de leurs marges. Un processus de grandes manoeuvres auquel nous croyons et qui ne manquera pas d'intéresser les actionnaires français. Enfin, soulignons que le discours tenu par les dirigeants de société s'embellit et que les résultats pour l'heure dégagés dépassent assez souvent les attentes initiales des analystes. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un oeil dans les médias, sur NRJ (page 22) ou TF1 (notre Cote enrichie). C'est pourquoi le marché ne nous semble, a priori, plus très loin de sortir de sa phase de consolidation. Puisque rien de visible aujourd'hui ne peut laisser craindre son effondrement, il finira donc par bomber le torse. Même s'il doit, comme nous le croyons toujours, temporairement courber l'échine. LES 5 PLUS FORTES HAUSSES MICHELIN + 4,9% DEXIA + 4,4 % FRANCE TÉLÉCOM + 4,3 % TF1 + 4,2 % AXA + 4,1 % 3 BAISSES CARREFOUR - 1,7 % PPR - 1,6 % ALCATEL - 1,4 % |
PASCAL CHEVOLOT |
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