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| Air France : la flambée du pétrole fait chuter l'action |
| La Vie Financière N°3088 / Vendredi 13 Aout 2004 / Catégorie : Actualité |
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Depuis le 1er juillet, le titre Air France a perdu près de 20 % de sa valeur. La compagnie n'a pourtant annoncé aucune mauvaise nouvelle. Au contraire. L'entité constituée par Air France et KLM a enregistré une hausse de 12,1 % de son trafic en juin et de 9,5 % en juillet. Dans le même temps, son coefficient d'occupation a progressé de 1,1 point le mois dernier, ce qui signifie que les appareils sont mieux remplis et donc plus rentables. Seule la flambée du prix du pétrole explique cette réaction du marché : le carburant représente, en effet, plus de 10 % des charges d'exploitation de la compagnie. « A ce niveau de cours, le marché valorise Air France comme si elle allait devoir payer 37 dollars le baril de brent tout au long de l'exercice 2004-2005 », souligne un analyste. Il est vrai que, depuis le début de l'exercice (qui sera clos à la fin mars 2005), Air France n'a guère profité de sa couverture pétrolière. Cette dernière garantit 72 % de ses besoins en carburant pour l'ensemble de l'exercice, au prix moyen de 28 dollars le baril de brent. Seul problème, cette couverture ne joue plus dès que le brent cote au-dessus de 33 dollars, ce qui a été quasiment toujours le cas depuis avril. Les analystes ont fait leurs calculs : chaque hausse de 1 dollar du prix du baril au-dessus de ce plafond entraîne, en année pleine, une baisse de 70 millions d'euros du bénéfice d'exploitation. L'impact n'est donc pas négligeable lorsqu'on se rappelle qu'Air France n'a dégagé pour l'exercice précédent (sans KLM) que 139 millions d'euros de résultat d'exploitation ! Tout comme British Airways, qui vient pour la deuxième fois de relever ses prix, la compagnie a trouvé la parade : depuis le 19 mai, chaque passager se voit appliquer sur son billet une « surcharge fuel » de 3 euros. Et si le brent se maintient au-dessus de 38 dollars pendant trois mois, la direction n'exclut pas d'augmenter à nouveau ses tarifs. Autrement dit, la hausse du pétrole est en grande partie supportée par les passagers. Cela ne risque-il pas de faire perdre au groupe des parts de marché ? Cela ne va-t-il pas profiter aux compagnies à bas coûts ? La direction d'Air France devra répondre à ces questions début septembre, lors de la présentation des résultats du premier trimestre. En attendant, elle n'est pas revenue sur ses prévisions pour 2003-2004 : à savoir, pour Air France-KLM, un résultat d'exploitation en forte progression par rapport aux 250 millions dégagés par les deux groupes lors de l'exercice précédent. Conseil : Le titre sera chahuté tant que le prix du pétrole restera à un niveau historique. On profitera de ce décrochage pour renforcer pour le long terme |
Nathalie Rambaud |
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