Archives

Actions bon marché... sauf exception
La Vie Financière N°3153 / Vendredi 11 Novembre 2005 / Catégorie : Stratégie

En référence au consensus des analystes, les bénéfices des valeurs du CAC 40 devraient grimper de 20,6 % en 2005. Un niveau capitalisé moins de 13 fois.
 

Le père La Rigueur de la zone euro inquiète entreprises et investisseurs. Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), est certes confortablement rémunéré (trois fois plus que son homologue américain Alan Greenspan selon le Financial Times, soit 585 000 dollars par an), mais cela ne l'empêche pas de pointer les déficits budgétaires et les risques d'inflation des prix et des salaires ! Il vient de réaffirmer que la BCE est susceptible de relever son taux directeur « à tout moment », en réponse aux rumeurs selon lesquelles ce resserrement monétaire pourrait débuter dès le 1er décembre. Rappelons que le taux directeur américain est déjà passé par paliers de 1 à 4 %. Le loyer de l'argent en vigueur en Europe (2 %) devrait bientôt commencer à remonter, sans doute plus tôt que prévu et avant la fin du premier trimestre 2006, compte tenu de l'effet inflationniste de la hausse du pétrole et des matières premières. Reste à espérer que ce mouvement sera très progressif, pour ne pas casser une croissance économique faible et fragile. Il s'agit aussi de ne pas provoquer un krach immobilier en rendant les crédits à l'habitat trop chers. Et il ne faudrait pas non plus qu'en relevant la rémunération des dépôts à court terme la BCE provoque une remontée de l'euro, qui serait très pénalisante pour les sociétés exportatrices. Cette semaine, la devise européenne a continué de reculer, abandonnant en cinq jours 2,5 %, à moins de 1,18 dollar. Ce qui porte la dépréciation à près de 13 % par rapport au niveau de 1,35 dollar inscrit fin 2004. La remontée des taux à court terme pourrait aussi accélérer celle des rendements obligataires à long terme. Les emprunts d'Etat à dix ans se sont déjà hissés de 3 % à près de 3,5 %. Certes, l'arbitrage d'obligations en faveur des actions soutient la tendance.

Mais des taux sans risque trop élevés réduiraient la légitime prime de risque offerte aux actionnaires. Elle est actuellement très attrayante. En effet, si l'on se réfère au consensus des analystes financiers établi par JCF Group, les bénéfices des firmes du CAC 40 devraient grimper de 20,6 % sur l'exercice 2005, puis s'arrondir encore de 7,3 % l'an prochain. Soit, pour un CAC 40 vers 4 480 points, un profit de 352,98 euros puis de 378,62 euros. Ainsi, le PER estimé de l'indice phare de la Bourse de Paris ressort pour cette année et pour 2006 à respectivement 12,7 et 11,8. Ce qui correspond à des taux d'intérêt implicites de 7,9 % (1/12,7) et 8,5 %, supérieurs de plus de 4 points au taux des emprunts d'Etat sans risque.

Reste à savoir si les bénéfices publiés seront à la hauteur des attentes ! La publication des résultats du troisième trimestre, déjà bien avancée outre-Atlantique, va commencer en France. Sont notamment annoncés ceux de Crédit agricole mercredi, puis ceux de Société générale et de Dexia jeudi. Le même jour, Sodexho publiera ses comptes annuels et Alstom ses semestriels (avec des exercices décalés).

Cette semaine, le secteur des télécoms a de nouveau été animé. Après la hausse déclenchée par l'OPA de Telefónica sur O2, un repli s'est produit à la suite de l'avertissement lancé par Deutsche Telekom. Le leader allemand a prévenu qu'il devait engager des investissements supplémentaires pour faire face au déclin des revenus de la branche téléphonie fixe, où des réductions d'effectifs sont en cours. Pour ne rien arranger, France Télécom a écopé d'une amende record de 80 millions d'euros, pour abus de position dominante (voir page 31). Neuf Telecom, à l'origine de la plainte, va demander des dommages et intérêts.

Le marché a par ailleurs été agréablement surpris par le chiffre d'affaires de GDF (+ 26 % à périmètre constant au troisième trimestre). Mais des investisseurs institutionnels pourraient bouder l'introduction en Bourse d'EDF. Ils rechigneraient à souscrire des actions jugées chères par rapport à celles des concurrents (Suez, E.On, RWE), alors que le dividende prévu fait ressortir un rendement inférieur. Surtout, EDF ne cache pas que la croissance de son excédent brut d'exploitation entre 2005 et 2008 sera de 3 % plutôt que de 6 % si l'Etat ne l'autorise pas à répercuter l'inflation sur les tarifs aux ménages. Dans ces conditions, les épargnants peuvent espérer être mieux servis, et à un prix fixé en bas de fourchette. Mais il serait souhaitable que, pour protéger leurs intérêts, les minoritaires obtiennent une meilleure représentation au conseil d'administration.

Bon point en revanche pour Arcelor. Le titre s'est vite redressé après avoir cédé du terrain lors de la publication d'un résultat trimestriel décevant par son homologue espagnol Acerinox. Le géant de l'acier négocie une prise de participation minoritaire au capital du chinois Laiwa Steel.

Côté valeurs moyennes, Boursorama a publié des comptes de bonne facture. Grâce à une conjoncture de marché favorable, le courtier par Internet constate une forte hausse du nombre d'ordres de Bourse. Bonne nouvelle aussi pour Carbone Lorraine, qui annonce « une hausse très significative de son dividende ». En revanche, la société de services informatiques GFI a chuté de 10 % mercredi, après la publication de revenus à fin septembre pourtant en vive hausse. Ce qui prouve que le marché est très sensible à toute déception. Plus que jamais, la sélectivité est de mise


CAC 40

Les 5 plus fortes hausses

Thomson + 7,8 %

STMicroelectronics + 5,8 %

Suez + 4,7 %

Crédit agricole + 3 %

Sanofi-Aventis + 3 %

Les 5 plus fortes baisses

Renault - 3,7 %

Vinci - 2,3 %

Bouygues - 1,8 %

Gaz de France - 1,1 %

Groupe Danone - 1 %

NOUVEAU COULOIR HAUSSIER

Au cours de la semaine écoulée, l'indice parisien s'est apprécié de 1,55 %, justifiant la création d'un nouveau canal à court terme R3-S3. Ce couloir est symbolisé par une résistance à 4 676 points et un support à 4 527 points. La cassure à la baisse du support ne nous semble pas préjudiciable à la bonne orientation de l'indice tant que ce dernier ne passe pas au-dessous de 4 430 points (droite de support intermédiaire) : en effet, le franchissement de ce seuil, sur un cours de clôture, enverrait une indication assez négative aux investisseurs. Tant que l'indice de place restera confiné, à 1 ou 2 % près, autour de R3-S3, nous maintiendrons notre objectif de 4 750 points d'ici à la fin du mois. J.-M. G.

Jean-Luc Champetier
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 2.12€  (+30.00%) 2.73€
+30.00%
ALLIANZ SE ALLIANZ SE : 67.51€  (+7.47%) 71.89€
+7.47%
RENAULT RENAULT : 20.31€  (+7.45%) 21.86€
+7.45%
FONC.FIN.PARTICIP. FONC.FIN.PARTICIP. : 26.49€  (+6.34%) 27.75€
+6.34%
GEMALTO GEMALTO : 16.60€  (+5.33%) 17.4€
+5.33%
NATIXIS 1.34€
-7.06%
GFI INFORMATIQUE 2.73€
-4.39%
HERMES INTERNATIONAL 94.81€
-4.13%
SPERIAN PROTECTION 44.18€
-3.43%
ALTEN 13.66€
-2.57%