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| Accalmie sur les taux d'intérêt |
| La Vie Financière N°2893 / Samedi 18 Novembre 2000 / Catégorie : |
Le resserrement monétaire prend fin en Europe et aux Etats-Unis. Mais les risques inflationnistes empêchent encore toute détente. |
INTERNATIONAL |
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Les banquiers centraux n'ont guère chômé ces douze derniers mois. En Europe, la reprise et le choc pétrolier ont contraint la BCE à relever ses taux d'intérêt de manière agressive, au risque de provoquer un ralentissement précoce de la croissance. Aux Etats-Unis, les conditions de crédit se sont également durcies. La Réserve fédérale a monté ses taux directeurs à 6,5 %. Il faut revenir dix ans en arrière pour retrouver des conditions monétaires aussi restrictives. Mais aujourd'hui, le cycle de hausse des taux d'intérêt semble toucher à sa fin des deux côtés de l'Atlantique. En Europe, le dernier rapport de la BCE se veut rassurant : la croissance de l'agrégat monétaire M3, premier pilier de la stratégie de politique monétaire, « montre des signes de ralentissement », même si elle dépasse encore le seuil des 4,5 % l'an. Quant au dynamisme persistant des crédits au secteur privé (+ 10,8 % sur un an), « il s'explique partiellement par le financement des licences UMTS réglées par les sociétés de télécommunications ». A ceux qui s'inquiéteraient encore de l'impact du dérapage des prix enregistré en septembre sur la politique monétaire, les sages de Francfort répondent : « cette accélération était déjà attendue au moment de la décision prise le 5 octobre 2000 de relever les taux d'intérêt ». De quoi calmer à court terme les anticipations de resserrement monétaire. D'autant que les signes de ralentissement de l'activité se multiplient. En Allemagne, le climat des affaires est en net repli et les nouvelles commandes à l'industrie se calment. En Belgique, véritable baromètre de la zone euro, les entreprises croulent sous les stocks, laissant prévoir un refroidissement temporaire de l'activité au quatrième trimestre. Parallèlement, les sources d'inflation importées commencent à se tarir. Même si l'Opep cherche à éviter un repli rapide des cours du pétrole, leur dynamique de hausse semble enrayée. Enfin, la BCE continuera d'intervenir sur le marché des changes pour soutenir l'euro. Reste à surveiller de près l'évolution des salaires. Etant donné l'étroitesse du marché du travail, un ajustement semble inévitable. « Cependant, une accélération forte au niveau agrégé de la zone reste pour le moment improbable, dans un contexte où le redressement de la productivité du travail devrait se confirmer », assurent les experts d'Aurel Leven. Du coup, les taux de la BCE culmineraient à 5 %, aucune détente n'étant toutefois envisageable avant le second semestre 2001. Aux Etats-Unis, le nouveau président hérite d'une économie en baisse de régime. Au troisième trimestre, la croissance n'a progressé que de 2,7 % en rythme annuel, contre 5,6 % au cours des trois mois précédents. Il s'agit du rythme d'expansion le plus faible depuis le deuxième trimestre 1999. La Fed serait-elle en train de réussir un atterrissage en douceur ? Rien n'est encore sûr. Les banques s'inquiètent de la solvabilité des ménages et des entreprises (celles de la nouvelle économie en particulier), qui vivent essentiellement à crédit. Elles durcissent sérieusement leurs conditions de prêt. Du coup, l'investissement ralentit et les faillites se multiplient. « Les risques d'un hard landing sont encore de 40 % », prévient Stephen Roach, chef économiste chez Morgan Stanley Dean Witter à New York. Non seulement la fragilité financière des ménages et des entreprises demeure, mais une correction sévère sur le dollar est possible. Surtout depuis le résultat spectaculaire des élections. Dans les deux chambres du Congrès, les rapports de force sont proches de l'équilibre. Du coup, les grands projets budgétaires dévoilés lors de la campagne présidentielle risquent de tomber aux oubliettes. Dans un contexte de moindre croissance et de fort déficit courant, le nouveau policy mix pourrait être fatal pour le dollar, estime Stephen Roach. Que l'atterrissage se fasse en douceur ou pas, la Fed est donc désormais plus encline à baisser sa garde. Elle risque même de le faire avant la BCE, estime Eric Chaney, directeur des études économiques pour l'Europe chez Morgan Stanley Dean Witter. L'euro ne manquera pas d'en profiter. Le renchérissement du crédit ... pèse sur l'activité La hausse des taux a fini par assombrir le climat des affaires dans l'industrie. Le refroidissement de l'activité et la maîtrise de l'inflation plaident désormais en faveur d'un statu quo monétaire des deux côtés de l'Atlantique. Cependant, aux Etats-Unis, où l'économie croît au-dessus de son potentiel depuis quatre ans, l'atterrissage risque d'être plus rude qu'en Europe. Alan Greenspan, patron de la Fed. Les conditions monétaires les plus restrictives depuis dix ans. |
Sébastien Julian |
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