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APRR plébiscité : les petits porteurs sont de retour
La Vie Financière N°3103 / Vendredi 26 Novembre 2004 / Catégorie : Editorial

Un million trois cent mille souscripteurs et une demande plus de deux fois supérieure au nombre de titres mis en vente : incontestablement, la privatisation partielle des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), réalisée par le biais d'une augmentation de capital de 1,3 milliard d'euros, a rencontré un accueil enthousiaste dans le public. Bien sûr, les réseaux bancaires, fortement intéressés au placement ont fait le forcing aux guichets pour écouler le papier. Mais on peut penser que ce sont les atouts intrinsèques de l'entreprise qui ont séduit l'actionnariat populaire. A un moment où la prise de risque est passée de mode en Bourse, cette société « défensive » par excellence avait tout pour plaire : son activité est bien connue des Français - loin des métiers abscons des entreprises high tech -, ses perspectives de résultat sont bonnes et les dividendes devraient suivre.

Si l'Etat n'avait pas décidé de conserver la majorité de Paris-Rhin-Rhône (il en détient 71 % à l'issue de l'opération), il y a fort à parier que 100 % du capital auraient trouvé preneurs. Mais voilà, l'Etat ne lâche pas prise aussi facilement. Il conçoit de faire appel à l'épargne des Français pour soulager ses déficits, mais pas question de perdre le contrôle de « ses » fleurons. Ou alors, le plus tard possible. Que le gouvernement soit de gauche ou de droite, sa préférence va spontanément à cette forme d'économie mixte où nul ne sait jamais qui dirige ni, a fortiori, qui doit assumer les responsabilités des erreurs commises. Dans ce cas, les actionnaires individuels trinquent toujours et parfois en tant que contribuables également.

L'Etat est libéral quand cela sert ses intérêts et interventionniste dès qu'il le peut sans parvenir à choisir son camp. Qui ne se souvient de l'affaire France Télécom où l'Etat actionnaire avait creusé un gouffre de 70 milliards d'euros par une gestion désastreuse ? Ses représentants au conseil d'administration étaient-ils incompétents au point de ne pas voir couler l'affaire ? A qui la faute si les petits porteurs ont été ruinés ? Personne n'a voulu répondre à cette question, dont on ne peut exclure qu'elle se repose demain pour les mêmes raisons : un pouvoir non identifié au sein de l'entreprise, des intérêts « supérieurs » à la logique économique, etc.

A cet égard, le cas de la fusion récente entre Sagem et Snecma a frappé les esprits. Cette opération a écarté de fait l'hypothèse d'une montée de General Electric dans le capital de Snecma qui venait d'être privatisé partiellement. La fusion a abouti avec l'accord de Bercy qui s'est bien gardé de consulter qui que ce soit. Sagem n'a pas fait mieux. Sa direction a imaginé un mariage et l'a mené à son terme en plaçant ses actionnaires devant le fait accompli. On peut comprendre que dans les affaires d'armement, la Bourse n'ait pas son mot à dire. Mais au-delà même du secteur de la défense, la liste des sociétés au métier « sensible » est longue. Trop longue. La recherche médicale en fait partie, ce qui a conduit le gouvernement à empêcher une surenchère du suisse Novartis sur Aventis. Les turbines à gaz et les TGV sont aussi des affaires sensibles. Pas question de démanteler Alstom, avait dit Nicolas Sarkozy. Demain, EDF ou Areva seront également des dossiers très « politiques » où l'Etat ne manquera pas d'intervenir. Aux actionnaires d'exiger un prix de vente qui en tienne compte.


NASSER OUZEGDOUH Directeur de la rédaction
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REXEL REXEL : 5.27€  (+10.65%) 5.82€
+10.65%
ALTRAN TECHN. ALTRAN TECHN. : 3.16€  (+7.34%) 3.35€
+7.34%
TOTAL GABON TOTAL GABON : 226.33€  (+5.19%) 238.68€
+5.19%
CIMENTS FRANCAIS CIMENTS FRANCAIS : 64.71€  (+5.19%) 67.47€
+5.19%
GEMALTO GEMALTO : 17.76€  (+3.06%) 18.18€
+3.06%
SOCIETE GENERALE 36.23€
-2.93%
FONC.DES REGIONS 56€
-2.90%
SCHLUMBERGER 35.1€
-2.74%
ACCOR 34.41€
-2.67%
GDF SUEZ 33.24€
-2.65%