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| 400 MILLIONS D'EUROS de ventes en plus via des rachats |
| La Vie Financière N°3226 / Vendredi 06 Avril 2007 / Catégorie : Bourse |
BULL. Le dernier constructeur informatique européen a connu une année 2006 difficile. Cela ne remet pas en question sa stratégie : augmenter la part des services informatiques dans son activité, ce qui passe par des acquisitions. |
Didier Lamouche, président-directeur général |
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Après de belles annonces commerciales fin 2006, la période semble un peu plus calme. Comment votre activité est-elle orientée ? D. L. Nos prises de commandes sont plus soutenues qu'au cours des troisième et quatrième trimestres de 2006. Le récent contrat signé avec l'Etat de Californie est l'un des plus importants de ces cinq dernières années et Bull pourrait prochainement gagner son premier appel d'offres depuis longtemps auprès de Bruxelles. Un contrat qui serait de bon augure, l'Union européenne investissant plusieurs milliards d'euros par an tant pour ses besoins propres que pour moderniser les infrastructures informatiques de certains pays. Enfin, Bull remonte en puissance au ministère des Finances, avec la signature début avril, comme chef de file de l'infrastructure, du projet Chorus, le nouveau système comptable et budgétaire de l'Etat. Les prochaines élections en France risquent-elles d'engendrer l'attentisme du secteur public, un de vos grands clients ? Nous nous attendons, en effet, à un ralentissement dans les prises de commandes au deuxième trimestre et à un décalage des paiements des administrations françaises. Notre trésorerie sera donc moins élevée à la fin du premier semestre et nous tablons sur un chiffre d'affaires inchangé. Ce niveau d'activité sera toutefois suffisant pour permettre à Bull de renouer avec un résultat net positif au premier semestre, grâce à nos mesures de réduction des coûts et à l'amélioration des marges dans notre activité de services informatiques. Pour 2007, vous tablez sur une légère hausse de votre résultat d'exploitation. Les objectifs pour 2008 (marge opérationnelle de 5 %) fixés à votre arrivée sont-ils encore d'actualité ? Bull doit être capable d'atteindre rapidement cet objectif, et il le sera. Notre stratégie n'a pas changé. Mais les difficultés, maintenant résolues, de notre filiale italienne nous ont fait perdre quelques semestres sur notre plan de marche initial. Votre rentabilité dans les services est nettement inférieure à celle du secteur. Comment comptez-vous l'améliorer ? Nous visons pour 2007 une marge brute comprise entre 13 et 14 %, contre seulement 11,9 % en 2005, preuve que nos mesures portent leurs fruits. Mais il reste encore du chemin pour améliorer cette marge, qui était plombée par l'activité déficitaire en Italie ou par la structure de coûts trop élevés en France. Nous accentuons également nos efforts pour intervenir sur des prestations à plus forte valeur ajoutée. Enfin, le taux d'occupation de nos ingénieurs a grimpé significativement en 2006, ce qui nous permet de confirmer notre plan de redressement des marges. D'ici deux ans, une marge brute supérieure à 15 % dans les services me paraît tout à fait réalisable si nous arrivons à accélérer notre croissance et notre mutation. Justement, le nouveau Bull devrait, selon vos desseins, réaliser la moitié de son chiffre d'affaires dans les services d'ici à 2008. On en est encore loin... Si nous trouvions la cible idéale, ce serait fait d'ici à la fin de l'année. Même si notre activité de services informatiques progresse deux fois plus rapidement que son secteur et devrait ainsi représenter environ de 35 à 37 % du chiffre d'affaires total de Bull en 2008, il nous faudra compléter cette croissance interne par une acquisition plus importante que celles qui ont été réalisées en 2006. Grâce à notre trésorerie et à notre capacité d'endettement, nous pouvons raisonnablement envisager d'acquérir une ou plusieurs sociétés qui apporteront jusqu'à 400 millions d'euros de chiffre d'affaires additionnel à Bull. Reste encore à trouver la société complémentaire géographiquement, c'est-à-dire présente en Europes du Sud et de l'Est et officiant dans nos métiers. Une demi-douzaine d'entreprises correspondent à ces critères et si, comme il est d'usage, tout le monde discute avec tout le monde, il n'y a rien de précis aujourd'hui. Cette mutation doit permettre de compenser le déclin de votre activité de constructeur informatique (serveurs, maintenance). A quoi faut-il s'attendre en 2007 ? Après une baisse de 18 % des ventes liée aux serveurs dits propriétaires en 2006, nous tablons sur un repli moins prononcé cette année. Pour faire face à ce déclin, nous faisons migrer nos clients sur nos serveurs ouverts. Parallèlement à cette stratégie défensive qui porte ses fruits, nous partons à la conquête de nouveaux prospects via notre gamme NovaScale. Mais son adoption n'a pas été aussi rapide qu'espéré, en raison notamment des déceptions liées au processeur Itanium d'Intel. Pour ne rien arranger, nous souffrons d'une guerre des prix dans notre autre offre - Escala -, où nous enregistrons un début d'année assez mou. Acteur des télécoms, SSII française ou même indienne... les rumeurs sur un rachat de Bull ont beaucoup circulé l'an dernier, avant de s'estomper. Le calme avant la tempête ? La convergence entre les télécoms et les services informatiques est une réalité, comme le prouvent, par exemple, les acquisitions de petites SSII réalisées par France Télécom l'an dernier. Une union entre un opérateur et Bull, qui réalise 10 % de son chiffre d'affaires dans le secteur télécoms, reste donc possible, tout comme une alliance avec un groupe de services étranger Bull repart à l'offensive Avertissement sur les résulats, résultat net dans le rouge... Bull a renoué avec ses vieux démons en 2006. Ces aléas ont retardé le plan de marche et les ambitieux objectifs financiers affichés il y a peu. Heureusement, la direction n'est pas restée les bras croisés. Elle a cédé sa filiale déficitaire italienne, tout en poursuivant un plan drastique de réduction des coûts. Plus que jamais, le PDG veut transformer Bull en une société réalisant la majeure partie de son activité dans les services informatiques. Cette mutation se fera par le biais d'acquisitions, qui pourraient apporter jusqu'à 400 millions d'euros de chiffre d'affaires additionnel. Soit plus d'un tiers de celui réalisé en 2006 ! F. C. Bull en chiffres Faible rentabilité 2,1 % C'est la marge opérationnelle que Bull devrait dégager cette année, selon les analystes. Bilan solide 225 M#euro; C'est la trésorerie nette du groupe fin 2006. Cette manne doit lui permettre de réaliser des acquisitions. Spéculatif 78 % Avec un flottant de 78 %, la société fait l'objet de rumeurs de rachat. Elle dispose d'un pactole qui ne devrait pas laisser insensible un éventuel prédateur : 1,2 milliard d'euros de déficits fiscaux reportables en France. Puissance 50 000 milliards C'est le nombre d'opérations par seconde réalisées par le supercalculateur livré au Commissariat à l'énergie atomique. L'un des plus puissants ordinateurs d'Europe. |
Propos recueillis par Frédéric Cazenave |
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