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| 2006, première étape dans la remontée des marges |
| La Vie Financière N°3171 / Vendredi 17 Mars 2006 / Catégorie : Bourse |
Pierre & Vacances a perdu son statut de valeur refuge après
la chute de ses bénéfices l'an dernier. La visibilité dans les métiers du tourisme
est désormais faible. Mais un important programme d'économies de coûts,
dont les résultats sont attendus pour le second semestre, est lancé. |
Gérard Brémond, président-directeur général |
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Après un exercice 2004-2005 (clos fin septembre) difficile dans votre activité touristique, comment se déroule 2006 ? G. B. Dans la division tourisme France, qui regroupe les résidences Pierre & Vacances, Latitudes, Maeva et MGM, la saison d'hiver a été, comme les années précédentes, excellente. Le chiffre d'affaires du premier semestre sera donc en légère croissance. Quant aux réservations pour la saison d'été, elles sont encourageantes. Mais les prochains mois seront décisifs. Il en va de même pour Center Parcs. Aujourd'hui, les villages situés en France se portent bien. En Hollande, marché qui représente 42 % du chiffre d'affaires de Center Parcs, la baisse est enfin enrayée. Mais nous n'observons pas encore de reprise. Nous misons sur nos opérations de marketing et de publicité pour relancer cette activité. Votre second axe de développement, l'immobilier, a été très dynamique l'an dernier. Est-ce toujours le cas ? Le marché de l'immobilier reste au beau fixe et nous avons une excellente visibilité sur les deux prochains exercices. En effet, nous n'engageons nos opérations que lorsque nous avons vendu sur plans au minimum 50 % et, plus souvent, les deux tiers des appartements. Or nous ne ressentons aucun ralentissement de la demande des investisseurs et notre programme d'opérations est étoffé. La hausse des taux n'a pas de répercussion aujourd'hui sur notre activité. Enfin, nous fondons beaucoup d'espoirs sur une nouvelle disposition fiscale concernant les immeubles à rénover dans les stations touristiques classées. Cette loi, dont nous attendons les décrets et circulaires d'application, prévoit que l'investisseur bénéficie d'un crédit d'impôt de 20 % applicable à un plafond de 100 000 euros. Dans ce secteur, il y a beaucoup à faire. Quels sont vos projets ? Nous poursuivons notre développement en France. Pour Center Parcs, un nouveau village de 840 cottages ouvrira en juin 2007 à Ailette, dans l'Aisne. Nous estimons son chiffre d'affaires net à 50 millions d'euros et son résultat brut d'exploitation à près de 10 millions par an. Le village de Bois-Francs, en Normandie, sera agrandi de 200 cottages, ce qui devrait accroître son chiffre d'affaires d'environ 15 %. Enfin, un nouveau domaine pourrait voir le jour en Moselle en 2009. Center Parcs a un potentiel de développement et de rentabilité considérable. Nous misons également sur les résidences urbaines dont la rentabilité d'exploitation est élevée, qui fonctionnent douze mois sur douze et reçoivent une clientèle d'entreprises et de touristes. Où en sont vos projets en Espagne et en Italie ? Nous avançons prudemment. Le marché italien est difficile. Nous sommes plus actifs en Espagne. Mais il est clair que nos volumes d'activité ne sont pas assez consistants pour contribuer aux résultats des deux prochains exercices. Avez-vous des opérations de croissance externe en vue ? Clairement, notre croissance en Espagne et en Italie passera par des acquisitions. Nous regardons également vers l'Europe du Nord, notamment l'Allemagne, où des entreprises ont copié le modèle Center Parcs. En France, nous acquérons des résidences de tourisme immeuble par immeuble. Après avoir doublé de taille en quelques années, nous mettons désormais prioritairement l'accent sur la rentabilité. Justement, n'avez-vous pas été pris de court par la forte réduction de vos résultats en 2004-2005 ? Je tiens à rappeler que nos résultats sont restés fortement bénéficiaires, avec un résultat net courant de 33 millions d'euros. Nous avons cependant été confrontés à une situation conjoncturelle rude. Nous espérions un arrêt de la dégradation à Center Parcs en Hollande et un retour à une meilleure situation dans le tourisme en France en misant sur le retour de la fréquentation étrangère. En revanche, nous avions bien évalué la hausse de nos coûts liée à l'inflation des loyers, des salaires et à la flambée de l'énergie. Mais vous ne misez sur un retour à vos marges d'exploitation de l'exercice 2003-2004 (8 %) que pour 2008-2009. C'est long ! Notre business model n'est pas remis en cause. L'Europe continentale a été concurrencée ces deux dernières années par les pays du Maghreb, l'Egypte, la Turquie et la Croatie. Ces pays ont été à la mode, mais on observe un renversement de tendance depuis septembre 2005, et il n'est pas exclu que l'été 2006 se caractérise par le retour au tourisme de proximité. Or nous avons une position incontournable en France. En outre, cette année, nous économiserons 22 millions d'euros (15 millions à Center Parcs et 7 millions dans la branche tourisme France). Les effets seront surtout visibles au second semestre. La hausse des charges, évaluée entre 18 et 20 millions, sera donc plus que compensée par les réductions de coûts. La croissance de l'activité reste la clé de voûte de notre résultat. L'exercice 2005-2006 sera une première étape dans la remontée des marges. Avez-vous profité de la chute du cours pour renforcer votre participation dans le capital ? Je n'ai personnellement ni acheté ni vendu de titres. Je ne spécule pas sur l'entreprise. Le groupe a, pour sa part, acheté quelques titres mais de manière limitée. Les disponibilités financières de Pierre & Vacances sont destinées au développement des activités, et non au rachat des actions de la société Le rattrapage est entamé Le titre remonte la pente depuis le début de l'année. A 81 euros, il est revenu à ses niveaux d'avant la crise de 2005. Le marché a anticipé le redressement des bénéfices, dont l'ampleur dépendra toutefois de l'activité estivale. Les résultats du premier semestre, clos fin mars, devraient enregistrer une progression limitée. Le groupe se refuse, depuis l'accroc de 2005, à toute prévision chiffrée. Or la valeur d'entreprise de Pierre & Vacances, égale à 10 fois le résultat d'exploitation attendu pour cette année, est désormais dans la moyenne du secteur. Le potentiel de hausse est en partie consommé Pierre & Vacances en chiffres Moyens financiers 40 % La dette nette de 139 millions d'euros ne représente que 40 % des fonds propres et la capacité d'autofinancement atteint 93 millions. Le groupe a les moyens de sa croissance. Résultats - 36,5 % C'est la chute du bénéfice net courant enregistrée au cours du seul exercice 2004-2005. Trois années de croissance des bénéfices ont été effacées d'un coup. Résidences 45 000 C'est le nombre de maisons et d'appartements du groupe en Europe, lesquels possèdent en moyenne 4,5 lits. Internet 25 % C'est le pourcentage d'activité que le groupe compte réaliser en 2007 grâce à Internet chez Center Parcs. Il vise 17 % pour ses autres résidences, la vente étant plus rentable directement que par l'intermédiaire des agences. |
Propos recueillis par Annie Courty |
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