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15 vedettes pour le long terme
La Vie Financière N°2897 / Samedi 16 Décembre 2000 / Catégorie :

Alors que la nervosité des marchés rend les investissements à court terme plus délicats, un peu de recul s'impose. La VF propose une sélection européenne des secteurs en forte croissance et des sociétés les mieux placées sur leurs marchés.
 
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Les changements d'humeur de la Bourse déconcertent les investisseurs. En quelques séances, des valeurs portées aux nues se voient soudain exécutées par une justice expéditive, soumise à l'influence tyrannique du Nasdaq. L'investisseur a donc, plus que jamais, intérêt à prendre du recul en adoptant une stratégie de placement à long terme. Mais sur quels critères ?  La VF a sélectionné des valeurs européennes susceptibles de tenir la vedette au cours des dix prochaines années, quelle que soit la volatilité des marchés financiers. Un exercice difficile mais très instructif. Nous avons identifié à cette fin les activités les plus prometteuses, les sociétés les mieux placées sur ces segments et dont le profil financier a toutes les chances de séduire la Bourse.  Pharmacie, environnement, téléphonie mobile, médias, assurance et transports: les blue chips de demain profiteront des mutations technologiques et sociologiques en cours. Ainsi, les changements démographiques font l'affaire des laboratoires pharmaceutiques, mais également celle des assureurs comme Axa. Ces derniers gèrent les actifs financiers d'une population vieillissante de plus en plus contrainte à financer sa retraite en épargnant.  Mais beaucoup de ces stars boursières se recrutent dans les secteurs des télécommunications et des médias, bouleversés par Internet et l'arrivée de nouveaux services sur le téléphone mobile et la télévision : commerce électronique, films, musique, informations. Quels seront les gagnants de cette révolution ? « De nombreuses inconnues commerciales et technologiques subsistent », souligne Frank Benzimra, stratège Europe à la Société générale, qui recommande, pour réduire les risques, de privilégier les groupes jouissant de positions fortes sur leurs marchés.  Ainsi, parmi les fournisseurs d'accès à Internet, Terra-Lycos sort du lot. Il peut prétendre à un statut mondial avec une présence en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique latine, sans compter qu'il bénéficierait, en cas de besoin, de l'appui financier de son actionnaire, l'opérateur espagnol Telefónica. De même, parmi les équipementiers de télécommunications, Nokia, spécialiste mondial des terminaux mobiles, a des chances de continuer à se distinguer en Bourse, malgré la hausse spectaculaire des trois dernières années.  Si les valeurs les plus prometteuses sont liées, sans aucun doute, aux changements technologiques en cours, l'investisseur aurait tort de se limiter aux titres estampillés TMT (technologies, médias et télécommunications). « Dans l'e-commerce, les trois quarts des sociétés existant aujourd'hui vont disparaître », prévient Luc Vanhecke, directeur de la recherche chez KBC Securities, qui préfère jouer le commerce électronique en misant sur des distributeurs dotés d'une enseigne forte, comme Carrefour.  L'e-commerce, qui repose sur des livraisons, ouvre également de nouveaux marchés aux transporteurs. On peut découvrir à cette occasion le néerlandais TNT Post Groep, dont on attend une hausse des profits de 15 % l'an prochain. Ce concurrent de la Deutsche Post ne connaîtra pas le succès boursier d'une société de biotechnologies, mais il offre un profil plus solide. Car l'investisseur qui privilégie les placements de long terme ne doit jamais oublier que la performance boursière se mesure au risque pris. Graphiques : Quatre marchés en croissance  - La fièvre du portable  - Succès pour la télé à péage  - Naissance de l'e-commerce  - Priorité à l'environnement  Téléphonie mobile Des marchés très prometteurs  Malgré les réserves que suscite le prix des licences de troisième génération, la téléphonie mobile reste un secteur en forte croissance, où se distinguent des géants comme Vodafone et des start-up comme Siticom.  Les inquiétudes suscitées par le coût des licences de téléphonie mobile de troisième génération ne doivent pas faire oublier l'essentiel : les télécoms sont le secteur de croissance par excellence. Les satellites, la fibre optique et les réseaux hertziens seront, quoi qu'il arrive, au coeur de la société de l'information de demain.  Selon Lehman Brothers, le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications passera en cinq ans de 300 à 475 milliards de dollars. La montée en puissance de la téléphonie mobile, qui devrait augmenter de 20 % par an d'ici à 2005, et celle du transfert de données (+ 24 % par an selon Lehman Brothers) seront particulièrement impressionnantes. Le moteur de cette révolution ? L'Internet mobile. Malgré l'échec du WAP, tous les opérateurs sont persuadés que, demain, des dizaines de millions d'Européens se connecteront à la Toile à l'aide de leur portable - même s'ils reconnaissent leur impuissance à prédire les services qui marcheront. Pierre Delmond, directeur de la stratégie et du plan à France Télécom Mobiles, répond, partiellement, à la question en affirmant qu'au Japon, où l'Internet mobile est déjà une réalité, les services qui ont le plus de succès sont le téléchargement de sonneries et celui de fonds d'écran.  Face à tant d'incertitudes, mieux vaut se limiter aux groupes bénéficiant de positions fortes sur leur marché. A commencer par le finlandais Nokia. Grâce à des produits particulièrement bien conçus, le numéro un mondial des terminaux continue à gagner des parts de marché.  Du côté des opérateurs, le britannique Vodafone remporte la majorité des suffrages. Pour deux raisons : la qualité de sa structure financière et sa forte présence dans la téléphonie mobile.  A l'inverse de ses concurrents très endettés, comme France Télécom, qui introduisent en Bourse leurs filiales, le géant britannique ne risque pas de subir une décote de holding. Les investisseurs les plus audacieux peuvent également jouer Siticom. Cette petite société de conseil française dispose à la fois de la volonté et des moyens - la hiérarchie compte une petite dizaine de polytechniciens - pour s'imposer comme le futur « Andersen Consulting des télécoms » .  Nos conseils :  Nokia : acheter  Vodafone : acheter  Siticom : achat spéculatif  Médias Des géants en ordre de bataille  La forte croissance des marchés du divertissement et de la communication profitera aux groupes propriétaires à la fois de contenus de qualité et de réseaux de diffusion à péage.  Le secteur de la communication est promis à une forte croissance dans les dix prochaines années. En témoigne, par exemple, le doublement attendu en quatre ans des recettes d'abonnement des télévisions à péage en Europe, qui atteindraient 12,9 milliards d'euros en 2003. Cette manne profitera aux fournisseurs de contenus (films, musique, presse, jeux vidéo...) qui se seront assuré des débouchés privilégiés (télévision numérique, Internet à haut débit) et aux diffuseurs, surtout s'ils disposent d'une base d'abonnés fidèles et payants (les recettes publicitaires ne suffisent plus) et si ceux-ci accèdent aux contenus à des prix raisonnables.  Vivendi Universal (actionnaire majoritaire de La VF via Havas) correspond à ce portrait-robot, avec ses contenus diversifiés et son expérience de la télévision payante. Reste à réussir sur le Web. Le nouveau géant de la communication relancera fin janvier, à grande échelle, le portail Internet Vizzavi. Celui-ci sera accessible dans six pays européens, à la fois sur ordinateur et sur téléphone portable (en attendant la télé). Contrairement à celui de son rival Yahoo!, le modèle économique de Vizzavi reposera sur les abonnements et la publicité. En cas de réussite, la création de valeur sera massive.  RTL Group mérite aussi l'attention. Présent surtout dans la télévision de trois pays (42 % de M6 en France, de RTL TV en Allemagne et 65 % de Channel 5 outre-Manche), il intègre en amont une activité de production d'émissions (Pearson TV). A l'inverse, Lagardère est surtout centré sur l'édition de contenus, avec une présence en aval dans la diffusion : 34 % de CanalSatellite, 6,5 % de T-Online, le Wanadoo allemand, et Europe 1.  Nos conseils :  Vivendi Universal : acheter jusqu'à 80 euros  RTL Group : acheter jusqu'à 90 euros  Lagardère : acheter jusqu'à 70 euros Tableau : Notre sélection de quinze vedettes pour le long terme  Santé Remise en forme avec les biotechnologiques  Le vieillissement de la population européenne et la recherche de médicaments plus efficaces font le bonheur de l'industrie pharmaceutique et des sociétés de biotechnologies, spécialisées dans la recherche de molécules.  Vieux et riches, les Européens intéressent les industriels de la pharmacie. Les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète, l'obésité et la dégénérescence du système nerveux font l'affaire du secteur pharmaceutique, qui a réalisé un très beau parcours en Bourse depuis cinq ans. Du coup, ces valeurs paraissent chères, même si un groupe comme Sanofi-Synthélabo, réputé pour son portefeuille de produits et la qualité de ses résultats, constitue un bon placement de long terme.  L'amateur de sensations fortes peut jouer le secteur de la santé en misant sur les valeurs de biotechnologies, bien que celles-ci risquent de connaître, à court terme, un parcours mouvementé. « Les capacités de recherche de l'industrie pharmaceutique se sont déplacées vers les biotech », remarque Vincent Ossipow, analyste à la Banque Pictet, à Genève. Près de la moitié des médicaments commercialisés dans le monde l'an prochain auront vu le jour grâce à ces start-up. Certes, beaucoup de ces sociétés partagent avec les valeurs high-tech le privilège de vivre sans gagner d'argent. Mais la comparaison s'arrête là. Les partenariats passés avec les grands laboratoires vont leur assurer des revenus réguliers au cours des années à venir. « Les biotech travaillent sur des marchés qui existent déjà et sur lesquels n'entre pas qui veut, souligne Vincent Ossipow. La propriété intellectuelle et les brevets constituent de véritables barrières techniques. » Reste à trouver la bonne molécule : il s'agit du principal défi pour les sociétés de biotechnologies et du principal risque pour l'investisseur. Quelques valeurs sortent du lot, notamment Serono en Suisse et la petite française NicOx (voir également notre enquête sicav page 68, consacrée aux fonds santé).  Nos conseils :  Sanofi-Synthélabo : conserver  NicOx : achat spéculatif  Serono : acheter sous 1 300 FS  Commerce électronique Bonnes affaires des distributeurs et transporteurs  Même si le développement de l'e-commerce s'annonce plus lent que prévu, ce nouveau mode de distribution devient incontournable. Les distributeurs traditionnels et les transporteurs en seront les premiers bénéficiaires.  Dans l'immédiat, le commerce électronique ne risque pas de transformer l'hypermarché en monument historique.  Casino, qui a développé le site Cmescourses, compte réaliser sur Internet à peine 2,5 millions d'euros de facturations l'an prochain, sur un chiffre d'affaires global de 18,5 milliards. Carrefour, avec Ooshop.com, annonce une trentaine de millions d'euros de vente en ligne. Néanmoins, le commerce électronique s'annonce comme une mutation inévitable, qui pourrait représenter en Europe 123 milliards d'euros en 2003, selon Forrester Research. Les distributeurs traditionnels, grâce à la notoriété de leur enseigne et à la puissance de leur logistique, sont les mieux placés pour prendre des positions sur ce marché. Pour jouer l'e-commerce, l'investisseur a intérêt à miser sur les grands noms du secteur, comme Carrefour, numéro un européen.  Dans la distribution spécialisée, on peut découvrir l'allemand KarstadtQuelle, issu de la fusion avec le spécialiste de la vente par correspondance Quelle et qui réalise déjà plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le commerce électronique.  Mais le développement du commerce en ligne ouvre de nouveaux marchés aux professionnels du transport comme l'allemand Deutsche Post, récemment introduit en Bourse, ou son concurrent néerlandais TNT Post Groep. Enfin, les fournisseurs d'accès comme l'espagnol Terra-Lycos sont également bien placés pour bénéficier du développement des sites de commerce et de la publicité qui les accompagne.  Nos conseils :  Carrefour : achat pour le long terme  KarstadtQuelle : achat spéculatif  TNT Post Groep : acheter à 26 euros  Terra-Lycos : achat spéculatif  Environnement Les français bien placés  La collecte et le traitement des déchets, la distribution d'eau et d'énergie représentent des métiers d'avenir en Europe, au moment où Bruxelles impose l'ouverture des marchés à la concurrence.  Les Européens se mettent au vert : l'opinion publique fait pression sur les industriels et les collectivités locales pour protéger l'environnement. Les contraintes réglementaires deviennent plus strictes.  La communauté européenne se met de la partie en exigeant une ouverture des marchés nationaux à la concurrence. D'où les bouleversements attendus dans la distribution et le traitement de l'eau, la distribution de gaz et d'énergie, la collecte et le recyclage des déchets. Sur ces marchés colossaux, la concentration s'accélère. Les français Vivendi Environnement et Suez-Lyonnaise, qui ont acquis une expérience mondiale dans le traitement et la distribution de l'eau, gardent l'avantage, tandis que l'allemand RWE tente de marcher sur leurs brisées.  Enfin, sur le marché spécialisé du traitement des métaux ferreux et non ferreux, le français CFF Recycling a un beau réseau européen, mais la visibilité sur les résultats reste faible.  Nos conseils :  Suez - Lyonnaise des eaux : acheter  CFF Recycling : achat spéculatif   Trois secteurs devenus incontournables   > Télécommunications  1- Vodafone  2- Nokia  3- Siticom Group  > Pharmacie-biotech.  1- Sanofi-Synthé.  2- NicOx  3- Serono  > Médias  1- Vivendi Universal  2- Lagardère  3- RTL Group     Frank Benzimra, stratège Europe à la Société Générale  « Il faut privilégier les positions fortes »  Frank Benzimra a accepté de se livrer à cet exercice difficile : identifier les vedettes boursières des dix prochaines années. Il conseille de privilégier les groupes en bonne santé financière et dotés de solides parts de marché.  Comment identifier les vedettes boursières des dix prochaines années ?  . On peut retenir plusieurs thèmes d'investissement, liés aux changements démographiques, aux mutations technologiques et à la croissance économique dans les pays émergents. Précisons qu'une telle analyse n'entre pas en contradiction avec notre stratégie d'investissement pour 2001, présentée la semaine dernière.  Le vieillissement de la population devrait profiter au secteur de la santé, où Sanofi-Synthélabo offre un bon profil pour le long terme. Les problèmes liés au financement des retraites intéressent le secteur de l'assurance, où on retiendra Axa pour son implantation mondiale.  Parmi les sociétés de la nouvelle économie, que recommandez-vous ?  . Du côté des télécommunications, nous privilégions des acteurs centrés sur la téléphonie mobile. Notre valeur préférée reste Vodafone. Quant au commerce électronique, on peut le jouer à travers les fournisseurs d'accès, dont les revenus vont dépendre de plus en plus de l'e-commerce et de la publicité. Parmi eux, le plus prometteur et le moins risqué serait Terra-Lycos, filiale de Telefónica. Les ventes sur Internet vont également profiter aux transporteurs spécialisés dans la logistique, comme le néerlandais TNT Post Groep.  Quelles sont les précautions à prendre quand on investit à long terme ?  . Il faut choisir des sociétés qui aient un bilan sain, ce qui laisse de côté beaucoup de valeurs de la nouvelle économie. Il faut privilégier des groupes qui aient des positions fortes sur leur marché et soient capables de les renforcer aux dépens de leurs concurrents. Ainsi, Nokia, numéro un mondial dans les terminaux mobiles, a réussi à prendre des parts de marché à Ericsson dans les infrastructures de télécommunications. 


Catherine Bozon ; Christian Fontaine ; Jean-Luc Champetier
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TRIGANO TRIGANO : 4.63€  (+14.34%) 5.21€
+14.34%
ERAMET ERAMET : 167.65€  (+11.36%) 185€
+11.36%
VALLOUREC VALLOUREC : 87.41€  (+10.00%) 95.7€
+10.00%
ARKEMA ARKEMA : 13.13€  (+9.26%) 14.22€
+9.26%
LAFARGE LAFARGE : 47.49€  (+8.82%) 51.35€
+8.82%
GDF SUEZ 34.15€
-4.98%
MAROC TELECOM 12.86€
-4.95%
ACCOR 35.35€
-4.88%
ALLIANZ SE 73.29€
-4.28%
VEOLIA ENVIRONNEMENT 21.85€
-4.02%